Susie L. Ma - collabore à The Rotarian et Rotary.org.
"Le président Lee personnifie les valeurs coréennes de travail et de service à autrui qui ont également inspiré les Rotariens de ce pays et du monde entier. Il ne fait aucun doute que son mandat de président sera couronné de succès alors qu’il rejoint sur la scène mondiale d’autres dirigeants coréens qui laisseront leur empreinte." – Myung-bak Lee, président de la République de Corée, Rotarien et ami de D.K. Lee.L’optimisme et le dynamisme de D.K. Lee mettent les Rotariens au défi de rêver Le thème de Dong Kurn ou D.K. Lee, Nourrir leurs rêves, a déjà soulevé l’enthousiasme, et ses priorités que sont la diminution de la mortalité infantile et le développement des effectifs suscitent de fortes attentes. Connu pour une approche collective de la prise de décision et pour son vaste réseau social et professionnel, il a l’intention de motiver les Rotariens à se dépasser. Pour réussir, il compte sur la sagesse de ses mentors, les leçons inculquées par son père, le soutien sans faille de son épouse et les fières traditions coréennes. "Les Coréens sont des gens tenaces, explique D.K. Lee. Les ravages de la Guerre de Corée ont fait naître chez les Coréens une soif de réussir. Attachés à un projet, ils travaillent avec passion et détermination."
La sagesse d’un père D.K. Lee passe son enfance et de nombreux étés chez ses grands-parents, à Yangdong, village traditionnel à trois heures de voiture de Séoul, où son célèbre ancêtre confucéen effectua ses travaux au XVe siècle. Les maisons au toit de chaume ou de tuile s'éparpillent le long d'un chemin à flanc de coteau. La vie dans ce hameau a forgé D.K. Lee. La devise, gravée au fronton de l’école primaire du village demande aux élèves "d’être des atouts pour la société en faisant preuve de créativité et d’intégrité." Le père de D.K. Lee, Won Gap Lee, un ancien gouverneur Rotarien, propriétaire d'une usine de textile, a enseigné à son fils la discipline, l’humilité et la générosité. Il lui a également appris à ne pas prendre les compliments pour argent comptant, à ne jamais se vanter d’être riche et surtout à honorer famille, proches et invités. D.K. Lee quitte Yangdong pour Séoul afin d’aller au lycée puis à l’université de Yonsei où il se plonge dans ses études ou des activités telles que le journal du lycée. Après l’université et le service militaire, il part pour San Francisco étudier le management. Son père ne lui ayant pas donné beaucoup d’argent, D.K. Lee passe ses étés à faire la plonge dans les restaurants. D.K. Lee a admiré le travail de son père et de ses amis au Rotary qui inspiraient tellement le respect dans la collectivité. En 1971, il est devenu membre du Rotary club de Seoul Hangang et comme son père, gouverneur en 1995/1996. Il a été administrateur du R.I. et de la Fondation Rotary.
Un équilibre délicat à trouver Le travail de D.K. Lee au Rotary impressionne car il a su en parallèle développer l’entreprise de son père. Il est président de Bubang Co. Ltd. et de Bubang Techron Co. Ltd., des sociétés qui fabriquent de l’électronique et des appareils ménagers. Il est parti d’une modeste entreprise textile pour la transformer en une société qui opère dans l'ensemble de la République de Corée et en Chine. L’aîné de ses fils, Dae Hee, y travaille comme directeur général d’une filiale. D.K. Lee et son épouse Young ont trois autres enfants – deux filles, Hee Won et Hee Jung, et le fils cadet Joong Hee qui vivent à Séoul, Singapour et New York. Trois de leurs quatre enfants sont mariés et ont des enfants. Mme Lee reste dans l’ombre, mais joue un rôle dans le travail de son mari. Ses visites aux côtés de son mari lui ont permis de mieux mesurer l’impact que les Rotariens ont dans leur collectivité. Elle a particulièrement été émue en Inde lors de la visite d’un dispensaire ambulant. "L’Inde me rappelle mon pays au lendemain de la Guerre de Corée, dit-elle. Je pense que la situation s’améliore grâce aux efforts des Rotariens." Un réseau d’amis au-delà du Rotary La vie de D.K. Lee repose essentiellement sur le Rotary, les affaires et la famille mais les amis comptent également beaucoup. La liste de ses amis constitue un Who’s Who coréen – le président et le premier ministre sud-coréens, le secrétaire général des Nations unies, des présidents d’université et des chefs de grandes entreprises. Ces dirigeants pensent que l’engagement de M. Lee au Rotary représente sa véritable vocation et ils sont fiers de le voir à la tête d’une organisation internationale. Pour répondre à ces fortes attentes, M. Lee dort moins de 5 heures par nuit en général. Debout à 7 heures, il va de rendez-vous en rendez-vous à Evanston ou de réunion en réunion lorsqu’il est en déplacement. M. Lee fait de gros efforts pour nouer des liens avec les autres Rotariens et n’hésite pas à demander l’opinion de gens autour de lui. "Trop souvent les gens ne parlent qu’à leurs proches alors que D.K. pense qu’il faut que toutes les opinions soient représentées si l’on veut que le Rotary soit vraiment international", dit John Germ, administrateur de la Fondation. Ses objectifs ambitieux comprennent celui d’accroître les effectifs de 10 % pour atteindre 1,3 million de Rotariens. D.K. Lee est convaincu que, avec un plus grand nombre de Rotariens, on sera en mesure d'accomplir beaucoup plus. Il désire également visiter autant de clubs que possible. "Je me rends compte que les Rotariens de base aiment rencontrer leur président, dit-il. Un pays peut avoir une longue tradition rotarienne mais ne jamais recevoir la visite du président."
D.K. Lee se concentrera sur la polio afin de répondre à la subvention défi de 100 millions de dollars de la Fondation Bill & Melinda Gates et de réduire le nombre de pays endémiques. Il retiendra les priorités du président Wilkinson que sont l’eau, la santé et la faim, et l’alphabétisation tout en y ajoutant sa touche personnelle, la réduction du taux de mortalité infantile. Cette idée lui est venue au cours d’un voyage en Afrique où il a vu des femmes souffrant d’une telle dénutrition qu’elles en devenaient incapables d’allaiter leurs enfants. Selon lui, une grande partie du travail que les Rotariens accomplissent déjà, comme approvisionner les populations en eau potable, fournir de meilleurs soins de santé et lutter contre la faim, va de pair avec la réduction de la mortalité infantile.
"Nous ne résoudrons pas ce problème en un an, reconnaît D.K. Lee. Mais un proverbe coréen dit que "Commencer une tâche, c’est l’accomplir à moitié" et je suis déterminé à commencer cette tâche." Il promet également de continuer ses propres efforts pour réduire la mortalité infantile bien après la fin de son mandat. D.K. Lee compte sur l’aide de nombreux amis mais l’homme en lequel il a le plus confiance est son mentor au Rotary, In Sang Song. Ils se sont liés d’amitié en 1994 lorsque D.K. Lee était gouverneur et M. Song administrateur du Rotary. "D.K. m’a impressionné car il était le gouverneur élu le plus enthousiaste que j’ai jamais rencontré avec une remarquable ouverture et une volonté d’apprendre", se souvient M. Song. Les deux hommes ont beaucoup en commun et collaborent étroitement. Ils partagent la volonté de rembourser la dette qu’ils pensent que la République de Corée doit à la communauté internationale pour l'aide reçue durant la guerre de Corée de 1950 à 1953. "La Corée était très pauvre et de nombreux gouvernements et organisations internationales ont participé à sa reconstruction, dit D. K. Lee. Maintenant, notre économie est en pleine prospérité et les Sud-Coréens pensent qu’ils doivent redonner une partie de ce qu’ils ont reçu. Cela explique pourquoi la croissance du Rotary dans notre pays est similaire à celle de notre croissance économique." Lorsque D. K. Lee est devenu Rotarien, son père lui a dit que, premièrement, il ne devait jamais manquer une réunion et que, deuxièmement, il n’était pas au Rotary pour en retirer une gloire personnelle. Won Gap Lee lui a également dit que la concurrence pour les postes de dirigeants était impitoyable et lui a conseillé de les laisser à d’autres au risque d’être amèrement déçu. Lorsque des dirigeants de club et de district l’ont encouragé à devenir gouverneur, D.K. Lee résista longtemps en se souvenant de ces paroles. Une fois devenu gouverneur, son père n’était plus là. "Il m’aurait encouragé à être le meilleur gouverneur au monde, car telle était ma destinée" affirme-t-il. D.K. Lee a connu une année phénoménale à la tête du district 3650. Il a pris à cœur de relever le défi lancé par le président Herb Brown dans le cadre du développement de l’effectif et, avec les encouragements de l’administrateur Sang, a créé 32 clubs et recruté 1 800 Rotariens dans son district. Cette réussite lui a permis de remporter le Défi de Calgary en 1996 et, depuis, l’effectif est resté l'un de ses domaines de prédilection. Alors que D.K. Lee s’apprête à occuper un poste que son père n’aurait jamais imaginé pour lui, il songe à la réaction qu'aurait eue ce père strict mais bienveillant : "Si mon père était encore vivant, il serait mon plus sage conseiller et je sais qu'il serait fier de moi", conclut-il. |